L'oeil public

Balkans – La Bete et les Belles


2000 > 2002 – Sofia, Belgrade, Sarajevo, Skopje

Le mot Balkan proviendrait de deux mots turcs signifiant le sang, et le miel. Les medias s’étant abondamment occupé du côté sang, j’ai choisi lors de mes pérégrinations dans la région, le parti de l’abeille. En allant à la rencontre d’une certaine jeunesse, plutôt artiste et rêveuse, j’avais en effet le sentiment de trouver quelques fleurs délicates émergeant d’un terrain dur et brutal.
Les crises d’identité liées aux conflits des années 1990 relèvent d’un processus par exclusion ; les gens font dans ce cas appel à des « pourvoyeurs d’identité » extérieurs à eux-mêmes. La religion, la nationalité, l’ethnie… Qui dressent inévitablement des frontières, physiques et mentales.
Au contraire, les jeunes vers qui je suis allé, envisagent la notion d’identité dans un rapport avec soi, au plus près du corps et du Je. Une jeunesse individualiste, transnationale, naturellement portée vers des valeurs démocratiques en dehors de choix proprement politiques, sa seule revendication semble être d’exiger silencieusement des conditions sociales et économiques plus favorables, afin de prendre totalement son destin en mains. A défaut de changements, elle rêve souvent de partir, de l’étranger, de l’ailleurs forcément meilleur.
Alain Bosquet faisait remarquer à Ismaïl Kadaré, lors d’un dialogue, « la rapidité avec laquelle les mentalités européennes se sont rapprochées, sans heurt aucun (…) Mentalement et spirituellement, l’Europe est unie ou sur le point de l’être. Le marché commun de l’esprit existe désormais, sans que ce soit un marché et sans la nécessité du moindre traité ».
De Sofia à Sarajevo, c’est une communauté d’esprit qui m’a servie d’itinéraire. Mes semblables, mes « compatriotes ».

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  • Prix Kodak de la Critique Photographique 2003.
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